La Méditation de Pleine Conscience Les applications

Les effets de la Méditation de Pleine Conscience

Grâce au nombre important d'études menées depuis plus de 30 ans, la Pleine Conscience est aujourd'hui reconnue comme ayant des effets significatifs sur la réduction du stress, la rechute dépressive, la douleur chronique, les troubles alimentaires, certaines variables physiologiques mais aussi sur l'adaptation du coping, l'estime de soi, l'attention et la satisfaction de vie en général, etc. (eg. Baer, 2003 ; Grossman, 2003, Brown and Ryan, 2003).

Les programmes basés sur la méditation de pleine conscience ont montré leur efficacité pour baisser la symptomatologie de ces troubles, et ce même après une courte période de pratique, telle que les 8 semaines proposées dans ce protocole, et ces améliorations perdureraient dans le temps malgré une pratique moins fréquentes chez les individus (Baer, 2003).

Elle aurait aussi montré des effets sur des variables telles que l'empathie, les comportements pro sociaux, l'altruisme et la compassion (Wallmark, 2012 ; Weng, 2013 ; Condon et coll., 2013), corroborés par des changements cérébraux, à un niveau structurel (Hölzel et coll., 2011). Les études actuelles de Tania Singer ou Olga Klimecki sont passionnantes à ce propos !

Références

  • Singer T., Seymour B., O'Doherty J., Stephan K.E., Dolan R.J., Frith C.D. (2006). Empathic neural responses are modulated by the perceived fairness of the others, Nature.
  • Singer, T., Klimecki, O. (2014). Empathy and Compassion, Current Biology.

     

Méditation et Psychothérapie

Actuellement le champ  qui a intégré de la manière la plus étroite, rigoureuse, ces pratiques méditatives, pour les transformer en outils thérapeutiques, c’est le champ des Thérapies Cognitives et Comportementales (Hayes, 2004).

Il y eut une première vague, dans les années 60, appelée thérapie comportementale, où l’on travaillait à changer le comportement des gens, sans trop s’intéresser au reste. Puis une deuxième vague, dans les années 80, appelée vague cognitive, où l’on a commencé à travailler sur les contenus de pensées.

Actuellement, on est dans cette troisième vague, qui ne supprime pas les précédentes mais qui les intègre et les enrichit, qui permet un travail sur l’équilibre émotionnel, ce qu’on appelle les régulations émotionnelles, et dans lequel la méditation de pleine conscience joue un rôle particulièrement important.

A la suite des travaux de Kabat-Zinn mettant en avant les succès thérapeutiques rencontrés grâce à la MBSR, notamment sur les douleurs chroniques, des médecins et psychiatres ont transposé cette pratique à d’autres pathologies, comme Marsha Linehan (1993), pour les troubles de la personnalité (DBT - Dialectical Behavior Therapy).

Puis des psychologues et psychiatres, notamment Zindel Segal (1996), de Toronto, ont intégré les démarches méditatives dans des programmes de prévention des rechutes pour des patients déprimés, avec également beaucoup de succès (protocole MBCT). En effet, les premières études ont montré que ce programme réduisait de moitié le risque de rechute chez les personnes ayant eu  3 épisodes préalables en rémission (sans traitement antidépresseur).

Références

  • Kabat-Zinn, J. (1982). An outpatient program in behavioral medicine for chronic pain patients based on the practice of mindfulness meditation: theoretical considerations and preliminary results, Gen. Hosp. Psychiatry.

  • Hayes, S.C. (2004). Acceptance and Commitment Therapy and the new behavior therapies: Mindfulness, acceptance and relationship. In S. C. Hayes, V. M. Follette, & M. Linehan (Eds.), Mindfulness and acceptance: Expanding the cognitive behavioral tradition (pp. 1-29). New York: Guilford.

  • Linehan, M (1993). Dialectical behavior therapy for treatment of borderline personality disorder: implications for the treatment of substance abuse, Research Mono¬graph.

  • Segal, Z. et al (2006). La thérapie cognitive basée sur la pleine conscience pour la dépression, De Boeck.